
Trois leviers pour doper le biocontrôle
L'œil d'Innov'Alliance :
Trois leviers pour doper le biocontrôle
Le développement du biocontrôle en agriculture reste limité en Europe, où sa part de marché stagne autour de 11%. Selon Alliance Biocontrôle, trois leviers doivent être activés pour accélérer son essor : faire évoluer la réglementation, faciliter le financement des innovations et renforcer l’accompagnement des agriculteurs.
Le premier frein est réglementaire. Une solution de biocontrôle met aujourd’hui sept à dix ans pour arriver sur le marché européen, contre seulement deux à trois ans en Amérique du Nord et du Sud. Ces délais réduisent la rentabilité des investissements et poussent certaines entreprises à développer leurs innovations hors d’Europe. Le projet européen de simplification « Omnibus X » pourrait apporter des améliorations, notamment avec une définition officielle du biocontrôle, une zone d’évaluation unique et des autorisations provisoires. Toutefois, les mesures pourraient finalement ne concerner que les substances à faible risque, soit environ 40 % des solutions.
Le financement des homologations constitue également un obstacle important, particulièrement pour les start-up. La mise au point et l’homologation d’un produit peuvent coûter entre 1 et 5 millions d’euros, des montants difficiles à réunir auprès d’investisseurs qui connaissent encore peu ce marché et sont sensibles aux délais réglementaires et aux risques associés. Cette situation favorise notamment le rachat de jeunes entreprises innovantes par de grands groupes disposant de davantage de moyens.
Enfin, l’essor du biocontrôle dépend de son appropriation par les agriculteurs. Ceux-ci ont besoin de références techniques solides, de formation et d’un accompagnement par les conseillers et techniciens afin de maîtriser les conditions d’utilisation des solutions et d’éviter les déceptions liées à une mauvaise application. Des projets davantage ancrés dans les territoires pourront faciliter cette diffusion. Alliance Biocontrôle propose également de réduire le risque financier pour les producteurs, par exemple grâce à des aides pendant les deux ou trois premières années d’utilisation, le temps qu’ils évaluent l’efficacité et s’approprient ces nouvelles solutions.









